dimanche 29 juin 2008

CETTE SEMAINE...EN BONUS (POUR CEUX QUI NE REGARDENT JAMAIS LES BONUS DES DVDs)

Ca c'est de l'exclu les amis! Pour ceux qui n'étaient au Parc des Princes vendredi soir pour 2h50 de pur bonheur en compagnie de Bruce Springsteen et de son légendaire E Street Band, voici une petite consolation...





Cette semaine, dans les bacs des libraires, est sorti une nouvelle édition de la biographie de Bruce Springsteen, aux Editions Castor Astral. Mikael Ollivier, co-auteur avec Hugues Barrière, de cette somme aussi volumineuse et passionnante que la discographie de celui qu'on appelle le Boss a très gentiment accepté de répondre à quelques questions de Le Guet Luron... Interview virtuel (par emails) mais bien réel (nous publions tel quel par copier-coller, aucune censure chez Le Guet Luron!)

Bruce Frederik Springsteen, Ed. Castor Astral







Un immense MERCI à Mikael pour son temps et sa générosité.



Et maintenant, place aux questions-réponses :





Q : Votre nouvelle édition de votre biographie Bruce Frederik Springsteen sort le 26 juin aux éditions Castor Astral, pourquoi une nouvelle édition (la première édition date de 2003)? Est-ce comme les nouvelles éditions d'un album avec des bonus, indispensable?
R : Le livre a doublé de volume entre l'édition de 2003 et celle de 2008, il ne s'agit donc en rien d'une astuce d'éditeur pour donner une seconde vie à un livre en se contentant d'en changer la couverture. Bruce Frederick Springsteen est bien plus qu'une biographie. Le récit de la vie de l'artiste ne constitue que la première partie du livre, la suite étant une plongée au cœur de l'œuvre du chanteur, par une analyse des thèmes récurrents dans ses chansons puis une tentative de description de ses techniques tant de composition que sur scène. Hugues Barrière, mon co-auteur, et moi-même avons-eu envie de cette copieuse remise à jour tout simplement parce que depuis la fin du Rising Tour, en 2003, Springsteen a développé une véritable boulimie de musique et de scène. On ne l'arrête plus, albums, tournées, exploration de genres musicaux inédits dans sa carrière... De plus, et c'est un point qui a beaucoup compté dans notre décision de retravailler le livre, Springsteen s'est subitement impliqué de manière forte et publique dans la vie politique des Etat-Unis. Or, en 2003, nous écrivions à juste titre que Bruce Springsteen, bien qu'auteur de chansons très engagées et très sociales, se gardait bien d'afficher ses opinions politiques ! A peine un an après al sortie du livre, il initie le Vote For Change Tour (tournée multi-artistes pour inciter les Américains à aller voter, et si possible contre George W. Bush) et s'engage officiellement au côté des démocrates dans l'élection présidentielle américaine. Soudain, une partie de notre livre était "périmée" ! Il fallait faire quelque chose... qui est en librairie depuis le 26 juin ! Biographie réactualisée, ancien chapitres retravaillés à la lumière de l'évolution de la carrière du chanteur et surtout de nombreux chapitres entièrement nouveaux sur l'écriture, le travail sur scène, etc, etc.

Q : Même s'il le fait beaucoup moins depuis quelques années, nous savons que Springsteen avait l'habitude de raconter beaucoup d'histoires personnelles pour introduire certaines chansons. Ces moments magiques d'intimité partagée étaient-ils nécessaires pour appréhender certaines chansons? D'où cette question : Quelle est l'importance de l'aspect biographique pour comprendre l'artiste?
R : Springsteen, comme tout artiste de valeur, que ce soit en musique ou en littérature, passe par le prisme de sa propre personne pour bâtir son œuvre. C'est dans sa propre humanité qu'il puise celle de ses personnages. Sa biographie éclaire certaines de ses chansons les plus emblématiques et permet bien souvent de mieux comprendre une œuvre beaucoup plus complexe qu'elle n'y paraît. On peut, bien sûr, ne s'intéresser qu'au côté "festif" de la musique de Springsteen, à son aspect "bête de scène" qui délivre des concerts marathons dont on sort épuisé et extatique. Mais c'est perde une facette essentielle de sa personnalité et de sa carrière. Springsteen est un grand auteur et, en se penchant sur ses textes, parfois à la lumière de ce qui, de sa vie, les lui a inspirés, on prend vraiment la mesure de l'artiste exceptionnel qu'il est depuis plus de 30 ans.

Q : Depuis quand êtes vous fan du Boss? Comment a évolué votre intérêt pour celui qu'on appelle le Boss?
R : Comme beaucoup, j'ai découvert Springsteen grâce au succès de son album Born In The USA, en 1984. Je l'ai vu pour la première fois sur scène en 1988, il y 20 ans... alors que j'avais 20 ans. Depuis, j'ai assisté à près de 70 de ses concerts ! N'étant pas fan de rock à la base, mais m'intéressant à de nombreuses formes musicales, pop, jazz ou classiques, je suis très sensible à l'évolution de la carrière de Springsteen depuis la moitié des années 1990, quand il a commencé à explorer d'autre voix que celles qui l'ont rendu célèbre. La part solo acoustique de son travail me passionne et je trouve que c'est désormais là qu'il donne le meilleur de lui-même, ce qui ne m'empêche pas d'aimer énormément ses concerts avec son groupe, le E Street Band. Je suis cet artiste depuis 20 ans, et plus il prend de l'âge, plus j'aime les directions qu'il emprunte et les risques artistiques qu'il prend. J'ai par exemple particulièrement apprécié la tournée mondiale qu'il a faite avec une bande de musiciens folk parfaitement inconnus en 2005 et 2006. C'était parfaitement imprévisible, passionnant et jubilatoire.

Q : Vous êtes un écrivain aux talents multiples (livres jeunesse, polars, scénarii), écoutez vous Springsteen en écrivant? Et cela influence-t-il votre travail?
R : Je n'écoute pas de musique quand j'écris, j'ai besoin de silence. J'aime trop la musique sous toutes ses formes pour l'utiliser en fond sonore. J'écoute la musique, et elle serait donc une distraction, une influence qui m'empêcherait de trouver la musique propre de mes livres. Si Springsteen a une influence sur mon travail, c'est dans l'exemple qu'il me donne, celle d'un artiste à l'intégrité sans faille qui suit son chemin en toute liberté. Parfois, quand je sens que je pourrais me laisser aller à la facilité, j'écoute un album comme Nebraska, ou The Ghost Of Tom Joad, et je me dis que je me dois d'écrire ce qui compte vraiment pour moi, sans aucune autre considération.

Q : Avez vous un regard d'écrivain sur les textes des chansons de Springsteen? Quels sont, selon vous, les traits caractéristiques de son écriture ?
R : Je suis extrêmement attentif aux textes de Bruce Springsteen car c'est là que se trouve la clé de son œuvre. De toute évidence, il aurait pu être écrivain s'il était né et avait été élevé dans un autre milieu. Mais il n'y avait pas de livres à la maison quand il était jeune, seulement une radio où sa mère écoutait le hit parade. C'était la seule intrusion de la culture dans sa vie d'enfant. C'est donc naturellement vers la chanson qu'il s'est tourné quand il a décidé de s'exprimer, de devenir un artiste. Mais il est un auteur à part entière et au fil de ses chansons, de ses albums et de ses concerts, il tisse un formidable portrait de l'Amérique, et à travers elle du monde entier, qui vaut bien celui proposé par les plus grands écrivains contemporains anglo-saxons. Pour les caractéristiques de son écriture, ce serait trop long à expliquer ici. Un chapitre de l'édition 2008 de notre livre y est consacré...

Q : Concernant son engagement politique de plus en plus manifeste (albums récents, tournée Vote For Change en 2004), est-ce que cela vous étonne, vous agace ou pensez vous que le protest song a toujours fait partie de son œuvre ?
R : L'engagement politique à gauche de Springsteen ne m'étonne pas une seconde, il est la suite logique de tout ce qu'il a fait depuis ses débuts. Simplement, plus jeune, il s'interdisait de parler de ses convictions autrement qu'à travers la voix des personnages de ses chansons. La cinquantaine passée, devenu père de famille et ayant fait la paix avec lui-même et son succès phénoménal, il est plus entier que par le passé, il ne sépare plus l'artiste de l'homme et n'hésite donc plus à dire ce qu'il pense et ce en quoi il croit. Non seulement cela ne m'étonne pas, mais cela me ravit : le Bruce Springsteen de ce début de millénaire est celui que j'attendais depuis deux décennies, celui que j'apercevais derrière son personnage de rock star. Ce qui m'étonne en revanche, c'est la réaction d'une partie de son public américain qui s'est détournée de lui quand il s'est mis à soutenir les démocrates contre Bush il y a quelques années. Certains sifflent pendant les concerts à la moindre allusion politique, d'autres on carrément renvoyé toute leur collection de CDs à la maison de disque du chanteur !... Comment peut-on se dire fan de Bruce Springsteen, prétendre connaître ses chansons et ses textes et s'étonner de son engagement contre les républicains ?

Q : Avez vous des informations sur les prochaines actualités du Boss (nous savons que vous en avez!)
R : Springsteen, a priori, termine le Magic Tour fin août 2008 aux Etats-Unis. Au total 100 concerts devant plus de 2 millions de fans. On sait qu'il a écrit et en partie enregistré un nouvel album solo acoustique, mais aussi qu'il a pas mal de chansons pour le groupe dans ses tiroirs. Ce qu'il fera, même lui ne le sait pas encore, à mon avis. Mais personnellement, je pense qu'on ne reverra plus le E Street Band sur scène, mais que Springsteen lui-même est loin d'avoir fini de nous étonner. J'attends depuis des années une tournée en formation réduite, 3 ou 4 musiciens choisis parmi les membres du E Street Band et du Seeger Session par exemple, pour une tournée dans l'esprit du Devils and Dust Tour, mais pas en solo, présentant un savant mélange entre son propre répertoire et des reprises de classiques rock et folk. Mais comme l'a dit Danny Federici, l'organiste historique du E Street Band peu de temps avant sa mort au printemps dernier : Bruce a la chance de pouvoir faire exactement ce qu'il veut... et c'est exactement ainsi qu'il mène sa barque !

Q : Quels sont pour vous :
- le meilleur album de Springsteen ?
The Ghost Of Tom Joad
- la meilleure chanson ?
Thunder Road (mais je pourrais en citer beaucoup d'autres : Born To Run, Backstreets, Cautious Man, The Ghost Of Tom Joad, Devils and Dust, Sandy, Paradise, The River, Seeds...)
- la meilleure tournée (ou joker : le meilleur concert)?
Je ne parle pas, volontairement, des tournées auxquelles je n'ai pas assistées personnellement (même si je les connais très bien grâce aux nombreux enregistrements non officiels qui existent). Donc: Le Devils and Dust Tour. Un Springsteen artistiquement plus libre que jamais.
- votre meilleur souvenir lié à Springsteen ?
1er juillet 2000 au Madison Square Garden de New York. J'ai failli ne pas entrer dans la salle. Le concert de clôture du Reunion Tour ; archi complet depuis des mois, tout New York ne parle que de ça. Au dernier moment, j'apprends que la personne qui devait me fournir ma place ne l'a pas, son "contact" lui ayant fait faux bon. Panique, désespoir. Je suis à des milliers de kilomètres de chez moi pour voir un artiste qui va monter sur scène d'une minute à l'autre et je suis dehors ! Miracle, une solution se présente, un autre "contact", une place au marché noir encore plus chère que la première. Je cours, je traverse la rue en me faufilant entre les taxis jaunes, ça klaxonne à mon passage, je m'engouffre dans la salle mythique. Pas le temps de donner de pourboire à la placeuse : à peine assis, les lumières s'éteignent pour 3 heures de pur bonheur.





Q : dernière question, qu'avez vous envie de dire à ceux qui n'aiment pas ou ne connaissent pas Springsteen?
R : Heureusement qu'il y en a qui n'aiment pas Springsteen, les places de concerts sont assez difficiles à se procurer comme ça ! Pour ceux qui ne connaissent pas, il ratent quelque chose. Ils n'ont plus qu'à acheter notre livre !... puis à guetter le prochain passage de Bruce en France !

Mikaël Ollivier










Pour finir, Le Guet Luron vous donne un petit échantillon de l'ESPRIT qui règnait ce soir-là... La chanson Spirit in the night résume tout ce concert magnifique et explique en quelques 7 minutes pourquoi on l'appelle le Boss :
http://www.youtube.com/watch?v=qZW0wmfzhvc&feature=related

Ecoutez bien : vous pouvez entendre Le Guet Luron brailler!
Regardez bien : vous pouvez apercevoir Le Guet Luron remuer les bras...si, si, à droite, devant la scène...
On vous aura prévenu : ne passez pas à côté du Boss!

lundi 16 juin 2008

CETTE SEMAINE...DANS NOTRE PANTHEON (NOS CHERS DISPARUS)

Ce petit mot n'a rien à voir avec la littérature mais il était impossible pour Le Guet Luron de ne pas vous parler d'un jeune pianiste vivifiant qui vient d'avoir la mauvaise idée d'aller faire de la plongée et de ne pas remonter. Esbjorn Svensson est mort ce week end. Pour ceux qui ne le connaissaient pas, il était le pianiste du trio EST (Esbjorn Svensson Trio), un trio de jazz suédois qui depuis une grosse dizaine d'année créait la sensation dans chaque festivals. Décomplexés nos trois gaillards suédois arrivaient an pantacourts et baskets sur scène et avec leur relecture du jazz en trio, ils faisaient vibrer les salles. Un contrebassiste aux allures de viking imberbe, capable de marteler et de caresser sa contrebasse (y a-t-il un instrument plus beau?), un batteur aussi discret que redoutable (c'est la grande différence des batteurs de jazz et des batteurs du monde du rock) et Esbjorn Svensson. Le sourire et le talent, inventif et audacieux.
J'ai eu la chance de le voir en concert en Normandie et de discuter cinq minutes avec lui... Nous avions parler de Hennig Mankell, figurez vous...

Si vous ne connaissez pas, voici quelques morceaux qui devraient vous donner envie de courir chez votre disquaire (s'il en reste un dans votre ville) :

http://www.youtube.com/watch?v=vz0Wlnwzxyk
http://www.youtube.com/watch?v=c3ddHfr6SzY
http://www.youtube.com/watch?v=7N2d1HehGmc&feature=related

Et enfin, une petite correction : cela n'a rien à voir avec les livres mais le monde de la fiction n'est pas très loin. En témoignent ces quelques titres de morceaux :
Calling Home
A Winter In Venice
In the Fall Of Things
Serenade for the Renegade
When God Created the Coffee Break
From Gargarin's Point Of View
A Picture of Doris Traveling with Boris

Soyez curieux. Il vous le rendra.

dimanche 1 juin 2008

CETTE SEMAINE...DANS MON CARTABLE (LA RENTREE LITTERAIRE COMME SI VOUS Y ETIEZ)

Eh oui... l'été n'est pas encore fini (la météo et le calendrier me rappellent qu'il n'a même pas encore commencé!) que déjà se profile une nouvelle rentrée littéraire. Combien de romans? La question semble être la première que l"on se pose dans la presse et dans le milieu... Peu importe. La vraie question est combien de romans vont réellement compter.



Les visites de nos amis représentants se multiplient. Bientôt les services de presse vont faire éclater ma boite aux lettres (qui pourrait se plaindre de ça???) donc il est grand temps d'annoncer quelques titres qui, déjà, nous font saliver...



On va commencer par du vieux, ça nous changera. Eh oui, du vieux. Du stable. Du sûr. Ni plus ni moins l'un des 5 romans préférés de votre Guet Luron himself :



Bravo aux éditions Tristram de ré-éditer, avec de nouvelles traductions deux romans essentiels de la littérature américaine :



Mark Twain, Tom Sawyer et Huckelleberry Finn. Ma préférence va à Huck (c'est un peu le Lennon du couple Lennon-McCartney ou le Stone de la question existentielle êtes-vous Stones ou Beatles). Roman de la dérive (comme l'est The Catcher in the Rye -L'Attrape Coeur- de Salinger ou The Rule of Bone de Russell Banks avec lesquels Huck Finn forment une sorte de trilogie de l'adolescence à la dérive, selon Le Guet Luron.) Dérive géographique , dérive de l'existence et dérive de la langue. L'état d'ame d'une nation.



(Bizarrement, presque tous les romans favoris de Le Guet Luron sont des romans où la langue et la parole tiennent un rôle crucial : Voyage Au Bout De La Nuit, Huckelleberry, Lolita, Jacques Le Fataliste, Tom Jones _ faudrait-il que je consulte quelqu'un???)



Pour ceux qui ne peuvent se résoudre à lire que des contemporains (quelle horreur, quelle erreur... mais bref, passons) voici de vraies nouveautés :


D'ores et déjà, quelques incontournables (que le terme soit péjoratif ou ironique, c'est écrit)


Amélie Nothomb, Le Fait du Prince, Albin Michel (peronne ne l'a lu, c'est top-secret! Tout ce qu'on peut dire c'est qu'il s'agit d'une histoire d'identité usurpée... Le Guet Luron a immédiatement pensé à Marc Lévy en écoutant le résumé... Nous ne sommes pa sûrs que cela soit très élogieux.... à suivre et à découvrir dès le 20 août)


Tourjours chez Albin Michel :


Eliette Abécassis, Mère et Fille, Un Roman


Alice Ferney, Paradis Conjugal


Sylvie Germain, L'Inaperçu


Stéphanie Janicot, Dan la Tête de Shéhérazade





Avec ça, s'il casse pas la baraque, chez Albin Michel, ils n'ont plus qu'à vendre des frites sur les plages de Coutainville... Désertes l'été, ces plages au sable fin sont un vrai bonheur, c'est peut-être pas si mal...Rendez-vous à la Pointe d'Agon, les amis!


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Toujours du gros, du lourd, du qui rafle la mise :



François Vallejo, L'Incendie du Chiado, Ed. Viviane Hamy (à l'heure où je vous écris ils sont déjà en train d'imprimer MASSIVEMENT le dernier Vargas, Un Lieu Incertain -sortie prévue le 25 juin)




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Chez Flammarion, quelques auteurs déjà remarqués :



Fatou Diome, Inasouvies, Nos Vies


Dominique Jamet, Un Traitre


Une auteure dont la libido passée excède le talent actuel mais dont le nombre d'amants passés n'excède pas les ventres par dizaines de milles :


Catherine Millet, Jours de Souffrance (un roman sur la jalousie... Si, si, je vous jure!)


Et quelques auteurs étrangers, lus et très appréciés par les Affranchis du métier (Jean-Louis, c'est pour toi : bonne retraite!):


Ma Jian, Beijing Coma


Elizabeth Subercaseaux, Une Semaine en Octobre



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Du côté de chez Gaston (euh, Antoine, pardon)... chez Gallimard, donc : pas de raz de marée annoncé mais quelques noms connus, valeurs sures de la maison :


Valentine Goby, Qui touche à mon corps je le tue


Marie Nimier, Les Inséparables


Deux transfuges :


Régis Jauffret, Lacrimosa


Alain Fleisher, Prolongations


Et celui-auquel-on-croit-beaucoup :


Salim Bachi, Le Silence de Mahomet


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Chez Actes Sud (qui a donc perdu Alice Ferney passée chez Albin -essayez de suivre un minimum sinon on va pas y arriver), pas d'inquiétude puisque le chouchou des lecteurs est là :


Laurent Gaudé, La Porte des Enfers


D'ailleurs triple actualité puisqu'il y aura aussi une nouveauté en jeunesse (La Tribu de Malgoumi) et le passage en poche de La Nuit Mozambique (fourre tout éditorial). J'espère sincèrement que Gaudé ne va pas devenir le Nothomb de chez Actes Sud avec sa nouveauté à chaque rentrée (quelle monotonie!)

Mais je suis enfin rassuré ... Julien des éditions Actes Sud nous a convaincu : le nouveau Gaudé est brillant (pour ne pas dire solaire -vous comprendrez en le lisant...) Julien qui n'aimait pas forcément beaucoup Gaudé a été remué et enchanté par sa lecture. Nous lui faisons confiance.

Petite note perso à tous les représentants de la terre : ne nous faites pas un résumé complet du roman. On s'en fout. Ou presque. Expliquez nous ce qui vous a fait vibrer. Donnez nous envie de vibrer.

Merci Julien, keep rockin' in a free world!

Autres rentrées chez Actes Sud, à découvrir :

Mathias Enard, Zone. Etonnant et audacieux. Un résumé? Non. Ce n'est pas résumable. Ca tombe bien.

Et, pour finir, toujours chez Actes Sud, un livre à éviter :

Jeanne Benameur, Laver les Ombres. C'est dit.

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Les éditions Laffont feront partie de la fête littéraire (et je ne parle pas ici de calendrier) avec un roman qui fera du bruit (la rentrée littéraire c'est beaucoup de bruit -pour rien comme dirait Shakespeare- et peu de fureur -comme dirait Faulkner) :

Pierre Merot, Arkansas.

Allez, pour une fois, on vous donne le résumé de ce roman à clefs :

Traum, écrivain talentueux mais raté, confie à Baragouin ses dernières pensées, ses rêves, mais aussi des confidences et des révélations. Celles-ci tournent autour de Kurtz, un ancien ami et écrivain qui a su construire un succès mondial sur une oeuvre littéraire annonçant la fin de la civilisation, et qui s'est isolé secrètement en Espagne dans une résidence utopique : Arkansas.

Avec un Kurtz sorti du Coeur des Ténèbres -comme dirait Conrad, vous vous souvenez de Apocalypse Now? Brando? C'est lui!- qui ressemblerait, nous dit-on, à Houellebecq... Ca va saigner!

A côté de Laffont, y a Julliard. Et là, on nous annonce encore un uppercut du gauche (d'où vient donc cette métaphore??? de l'excellent documentaire diffusé sur Arte hier sur Jack Johnson -non pas le chanteur... tiens un peu de musique, ça faisait longtemps, la bande son de l'attitude du lecteur avant la rentrée avec ce titre

Sitting, Waiting, Wishing : http://www.youtube.com/watch?v=nrZwGGKGkuU) :

Yasmina Khadra, Ce Que Le Jour Doit A La Nuit.

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Bon. Qui manque à l'appel? Ah oui! Le Cherche Midi. Ca tombe bien, ils n'ont pas de rentrée littéraire au Cherche Midi. Du moins chez les français... Je trouve ça chouette d'ailleurs. Non c'est vrai. Ils n'avaient rien de bon donc ils ne publient rien. D'autres devraient suivre leur exemple.

Mais rassurez vous, ils ont un livre qui excite vraiment Le Guet Luron qui sommeille en moi... mais ça sera pour un autre rubrique, étrangère celle-là. Je bosse dessus. Ca s'appellera THIS WEEK...IN MY SCHOOLBAG (comme dirait Desproges : étonnant, non?)

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A SUIVRE...



jeudi 15 mai 2008

CETTE SEMAINE...DANS MA PLATINE (LA BANDE ORIGINALE DE VOS LECTURES)

Le Guet Luron partage son temps entre les livres et les disques. C'est pénible, ça lui arrache le coeur parfois de cesser une lecture pour avoir sa dose de Joni Mitchell ou de Paolo Conté. Alors des fois, il partage plus. Nanh! Il fait les deux. Il lit des livres sur la musique en écoutant de la musique. Le Guet Luron est capable de ne pas renoncer à tous les plaisirs.


Dans cette nouvelle tournée, des stars, des morts, des losers, des toxicos... y en aura pour tout le monde! Sex & Drugs & Rock'n'Roll. Et pour bien commencer cette rubrique, un p'tit morceau idoine :
http://fr.youtube.com/watch?v=gBLeVcP_JQg


Bruno Blum, Lou Reed, Electric Dandy, Ed. Hors Collection


Une bio complète sur la tête pensante du Velvet. Pour ceux qui aiment se promener sur le Wild Side et le Dirty Boulevard...








Marianne Faithfull, Mémoires, Rêves et Réflexions, Ed. Bourgois

Résumé
Une série de portraits de personnes célèbres et moins célèbres que la chanteuse a côtoyées tout au long de sa vie : G. Corso, S. Coppola, G. Harrison, Ginsberg, W. Burroughs, G. Pitney, etc. Elle évoque également sa vie sauvage sur les routes, ses succès et ses échecs ou encore son voyage à Singapour au cours duquel elle a frôlé la mort. L'ensemble compose une sorte d'autobiographie.

La dame a inspiré Mick Jaegger, c'est déjà ça. Et, plus tard, sobre et embourgeoisée, elle continue de reprendre magnifiquement la chanson de Lennon. Respect.
http://fr.youtube.com/watch?v=3N_rNz2oAGA



Alan Parker, Sid Vicious, l'icône du Punk, Ed. Talents Publishing

Résumé
Portrait du bassiste des Sex Pistols, figure marquante du mouvement punk, mort d'overdose à l'âge de 21 ans en 1979.

Quand on lui demandait pourquoi il avait les dents vertes, il répondait qu'il aimait bien cette couleur. La classe incarnée.

Et il aimait bien Claude François aussi, comme l'atteste cette reprise iconoclaste de My Way :


Et le grand frère de ce livre, toujours chez le même éditeur :


Dennis Morris, Destroy : Sex Pistols Anthology

Par le photographe du groupe en 77-78. Ames sensibles s'abstenir...

Mes amitiés à sa Majesté :


mardi 13 mai 2008

CETTE SEMAINE...7 INCIPIT (AU DEBUT ETAIT...)

En attendant la fameuse bibliographie que Le Guet Luron vous promet depuis le début de ce blog, voici une nouvelle salve de début. Vous trouverez en bas de message, le meilleur incipit jamais écrit. Si vous n'êtes pas d'accord, n'hésitez pas. Si vous vous demandez pourquoi Le Guet Luron le considère comme le meilleur... Relisez le...
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Encore une fois...
Non, toujours pas?

Alors demandez.

En attendant, quelques nouveautés :

Peter Cameron, Un Jour Cette Douleur Te Servira, Ed. Rivages :


"Simple coincidence, le jour où ma soeur Gillian a décrété que son prénom devait se prononcer Guillian, notre mère est revenue de sa lune de miel, prématurément et toute seule."


Charles Frazier, Treize Lunes, Ed. de l'Olivier :


"Il n'est point d'extase qui nous laisse inaltérés : c'est l'amour, et la vie, qui m'ont conduit à l'état où je me trouve."



Giulia Carcasi, Je Suis En Bois, Ed Héloise d'Ormeson :



"Cette hitoire commence un dimanche et ne pouvait commencer aucun autre jour."



Siri Hutvedt, Elégie Pour Un Américain, Ed. Actes Sud :



"Ma soeur l'appelait "l'année de secrets" mais à présent, avec le recul, j'ai fini par comprendre que ce temps n'était pas celui de ce qui était là, mais de ce qui n'y était pas."



Arno Geiger, Tout Va Bien, Ed. Gallimard :



"Il ne s'est jamais demandé ce que ça veut dire, que les morts nous survivent."


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Le meilleur incipit :
"Ca a débuté comme ça."

lundi 5 mai 2008

CETTE SEMAINE...DANS MA BIBLIOTHEQUE (A GARDER ET A FAIRE VIEILLIR)

Cette semaine, enfin un vrai livre à garder pour ses enfants. Le genre LECTURE OBLIGATOIRE pour les moins de 18 ans.



Le livre date de 1981. Pink Floyd termine sa tournée The Wall. La folie dans le pouvoir, la paranoïa, le fascisme. Voilà le décor. Souvenez vous qu'un mur de briques était dressé entre le groupe et le public au cours du spectacle.



En 1981, donc, Todd Strasser raconte, sous forme de roman, ce qui s'est réellement passé dans un lycée aux Etats Unis. Dans les années 70, un jeune prof d'histoire montre un film sur les nazis à sa classe. Les élèves sont choqués. Quelques uns écartent l'horreur en invoquant l'historicité des évènements. Loin de nous, choquante l'histoire devient de l'histoire. Elle ne nous concerne plus et ne peut pas se répéter. Quelques uns posent des questions embarrassantes. Comment cela a-t-il pu arriver? Tous les allemands étaient-ils des nazis? Pourquoi les autres n'ont-ils rien fait pour arrêter cette folie meurtrière?

Le prof est embêté. Il ne sait pas trop quoi dire à ses élèves. Donc il lance un mouvement. La Vague. Avec ces slogans : "La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l'Action."

Sa classe devient rapidement le terrain d'une expérience du fascisme. Et très vite le terreau pour un régime fasciste. La Vague est en train de tout emporter sur son passage.

Malgré le caractère caricatural parfois de certains personnages (l'athlète, l'intello, le boutonneux pestiféré, etc) le roman fonctionne et fait peur. Une fable a toujours besoin de caricatures.



Todd Strasser, La Vague, Ed. JC Gawsewitch



Une adaptation est prévue pour cet été. Voici le trailer :



http://fr.youtube.com/watch?v=Rx549OdZ3dk



Vous vous souvenez de Matin Brun? En voici un autre.

CETTE SEMAINE... DANS MA POUBELLE (A RECYCLER)

Le pauvre Michel est orphelin. Il le clame. "Aujourd'hui maman est morte." N'est pas Camus qui veut les amis.
N'en déplaise à certains et certaines (oh la la, je sais que je vais me faire engueuler par une fan...), la mère de Houellebecq n'est pas morte.

Pire elle écrit.

Lucie Ceccaldi, L'Innocente, Ed. Scali.

Article de Livres Hebdo :

Publiée la semaine prochaine à 25 000 exemplaires par Scali sous le titre “L’innocente”, l’autobiographie de Lucie Ceccaldi n’épargne pas son fils, qui a longtemps prétendu qu’elle était morte.
Les éditions Scali lanceront le 7 mai à 25 000 exemplaires un récit autobiographique écrit par la mère de l'écrivain Michel Houellebecq. Lucie Ceccaldi, 83 ans, raconte dans les 400 pages qui composent L’innocente sa vie d’aventurière, son enfance en Algérie, son engagement communiste qui la conduira jusqu'en URSS, sa lutte contre la colonisation... Elle explique pourquoi son fils grandira loin d'elle alors qu'elle poursuivra son chemin en Inde, en Afrique et à La Réunion où elle vit aujourd’hui. Michel Houellebecq, qui avait déclaré qu’elle était morte, n’est pas épargné dans ce livre dont le magazine Lire publie les bonnes feuilles dans son numéro du mois de mai. “Avec Michel, on pourra commencer à se reparler le jour où il ira sur la place publique, ses Particules élémentaires dans la main, et qu'il dira : “Je suis un menteur, je suis un imposteur, j'ai été un parasite, je n'ai jamais rien fait de ma vie, que du mal à tous ceux qui m'ont entouré. Et je demande pardon”, écrit-elle.


Tout le monde en parle, Thierry?

Non.

Tout le monde s'en fout.